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Publié lors de l’événement de haut niveau en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulé « Our Children Can Wait: Leadership, Solidarity and Action for Child Survival and Nutrition », New York, le 24 septembre 2026

Préambule

Réunis en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, nous, coorganisateurs, gouvernements chefs de file, organisations internationales, partenaires de développement, fondations philanthropiques et défenseurs de la survie et de la nutrition des enfants,

Reconnaissant que la survie des enfants constitue l’un des indicateurs les plus clairs de la dignité humaine, de l’équité et du progrès national, et qu’un enfant pleinement protégé tout au long des étapes essentielles de la vie (de la santé maternelle à l’adolescence, en passant par un accouchement sans risque, une période néonatale saine et la petite enfance) est un enfant capable de survivre et de s’épanouir.

Profondément préoccupés par le fait que près de cinq millions d’enfants de moins de cinq ans continuent de mourir chaque année de causes évitables, que près de deux millions de bébés naissent sans vie et que la malnutrition contribue à près de la moitié de tous les décès d’enfants de moins de cinq ans.

Alarmés par le ralentissement, voire, dans certains contextes, le recul des progrès durement acquis en matière de réduction de la mortalité néonatale et infantile, sous l’effet conjugué de la baisse du financement mondial de la santé, des conflits, des chocs climatiques, de l’insécurité alimentaire et des inégalités persistantes.

Reconnaissant que les nouveau-nés de petite taille et vulnérables (bébés nés trop petits, trop tôt ou les deux) représentent de plus de la moitié des décès de nouveau-nés, même si des solutions éprouvées existent. De nombreux survivants sont exposés, tout au long de leur vie, à un risque de mauvaise nutrition et de maladies chroniques. Réduire le nombre de nouveau-nés de petite taille et vulnérables constitue l’un des investissements les plus importants qu’un pays puisse réaliser pour consolider les fondements de sa santé et de son développement futur.

Affirmant que l’alimentation et la santé des adolescentes et des femmes avant et pendant la grossesse jettent les bases d’un bon départ dans la vie, et que briser le cycle intergénérationnel de la dénutrition commence bien avant la naissance d’un enfant.

Reconnaissant que les investissements dans la nutrition maternelle, la naissance sécuritaire et les 1 000 premiers jours de vie, parallèlement aux investissements dans la santé et le bien-être des adolescentes, génèrent des retombées parmi les plus élevées en matière de santé, de capital humain et de prospérité économique.

Reconnaissant le fardeau disproportionné que supportent les pays d’Afrique subsaharienne et d’autres pays à forte mortalité, tout en affirmant l’importance cruciale de leur leadership et de leur capacité d’action dans l’élaboration et le financement de solutions.

Rappelant les Objectifs de développement durable, les Cibles mondiales de nutrition de l’Assemblée mondiale de la Santé, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les engagements pris dans le cadre du processus Nutrition for Growth.

Nous nous unissons autour des principes suivants et lançons cet appel à l’action.

Nos principes communs

  1. Chaque enfant a un droit égal de survivre et de s’épanouir

Tous les enfants, peu importe où ils sont nés, devraient avoir une chance égale d’atteindre leur cinquième anniversaire et de réaliser leur plein potentiel.

La persistance des mortinaissances et des décès évitables de nouveau-nés et d’enfants n’est ni inévitable ni acceptable. Mettre fin à ces décès constitue à la fois un impératif moral et l’investissement le plus judicieux pour l’avenir des nations.

  1. L’objectif est de protéger les enfants

La protection des enfants ne repose pas sur des interventions isolées, mais sur un ensemble continu de mesures éprouvées et peu coûteuses, mises en œuvre tout au long de la vie : santé et nutrition maternelles, grossesse et accouchement sans risque, soins aux nouveau-nés fragiles et vulnérables, ainsi que la nutrition, l’immunisation et les soins primaires jusqu’à la petite enfance et jusqu’à l’adolescence. Un enfant qui bénéficie de cet ensemble complet de mesures, sans interruption, est en mesure de survivre et de s’épanouir.

  1. La nutrition est le fondement de la survie d’un enfant

La nutrition sous-tend chaque étape de la survie et du développement d’un enfant. La prévention de la malnutrition (notamment le faible poids à la naissance, la prématurité, les retards de croissance et l’émaciation) et la réduction du nombre de nouveau-nés vulnérables et de petite taille devraient faire partie intégrante des stratégies de survie de l’enfant, avec des bienfaits qui s’étendent tout au long de la vie et au-delà des générations.

  1. La prévention doit être au cœur des systèmes de santé

Les systèmes qui accordent la priorité à la prévention, aux soins de santé primaires et à l’intervention précoce offrent de meilleurs résultats, une plus grande équité, une meilleure valeur à long terme, ainsi que des coûts moindres.

Investir en amont (avant les maladies et les crises) est ce qui rend les progrès abordables et durables.

  1. Des progrès durables nécessitent une appropriation nationale et un leadership national

Aujourd’hui plus que jamais, il est impératif de répondre à l’urgence de la crise mondiale de la mortalité infantile par une appropriation, un leadership et une action renforcés au niveau national. Les gains durables en matière de survie de l’enfant reposent sur des stratégies pilotées par les pays, des investissements nationaux et des institutions publiques solides. Les pays devraient définir et adopter des approches de financement durable qui s’alignent sur leurs priorités et besoins nationaux.

  1. Les partenariats doivent renforcer les priorités nationales et la solidarité doit accompagner le leadership

L’aide internationale est plus efficace lorsqu’elle s’inscrit dans le cadre de plans chiffrés élaborés par les pays et qu’elle complète les efforts nationaux.

Tous les partenaires au développement (donateurs, organisations philanthropiques, institutions de financement du développement et investisseurs privés) doivent soutenir pleinement les pays qui choisissent de prendre l’initiative, en finançant non seulement les programmes, mais aussi l’assistance technique continue qui permet leur mise en œuvre par les pays.

  1. La responsabilisation est essentielle pour obtenir des résultats

Les progrès dépendent d’objectifs mesurables, de rapports transparents, d’apprentissages partagés et d’une attention politique soutenue.

Les pays et leurs partenaires doivent continuer à renforcer les mécanismes de responsabilisation qui permettent de suivre les résultats et d’identifier les lacunes et les possibilités d’accélérer l’action.

Appel à l’action

Guidés par ces principes, nous invitons les gouvernements, les organisations internationales, les institutions financières, les organisations de la société civile, les philanthropes et les partenaires du secteur privé à :

  1. Faire de la survie des enfants une priorité politique nationale

Placer la survie et la nutrition des enfants au cœur des stratégies nationales de développement, en reconnaissant qu’aucun investissement ne produit de meilleurs résultats que celui consistant à garantir la survie et l’épanouissement des enfants.

Réaffirmer la responsabilité des gouvernements, en tant que principaux garants de la santé, de la nutrition et du bien-être de chaque enfant.

  1. Accélérer les actions en faveur de la nutrition maternelle, infantile et des enfants

Déployer et généraliser, tout au long du cycle de vie, des interventions fondées sur des données probantes visant à améliorer la santé et la nutrition. Cela inclut la santé et la nutrition maternelles, des soins de qualité pendant la grossesse et l’accouchement, le soutien à l’allaitement et les soins aux nouveau-nés de faible poids ou vulnérables, ainsi que l’accès à des services essentiels de nutrition et de soins de santé primaires pour les enfants de moins de cinq ans et les adolescents. Ces efforts doivent être axés sur la prévention de la malnutrition, la réduction du nombre de nouveau-nés vulnérables et la garantie à chaque enfant la possibilité de survivre, de grandir et de s’épanouir.

  1. Renforcer les systèmes de santé axés sur la prévention

Investir dans les soins de santé primaires, les systèmes de santé communautaires, la prévention et les interventions précoces, tout en intégrant la nutrition dans les systèmes de santé, de protection sociale et d’alimentation, afin de s’assurer que les enfants reçoivent un ensemble complet de services avant l’apparition de maladies ou le déclenchement de crises. Cet investissement est essentiel pour garantir que chaque enfant survive, se développe à son plein potentiel, entre à l’école prêt à apprendre et ait la possibilité de devenir un membre instruit et productif de la société.

  1. Financer ce qui fonctionne, et le faire de manière durable

Dépasser le stade des objectifs ambitieux pour privilégier un financement concret et pratique, piloté par les pays, qui protège les investissements dans la nutrition et la santé infantile, accroît et renforce les recettes nationales grâce à des mesures telles qu’une fiscalité équitable et efficace, et utilise les instruments de financement extérieur pour compléter, et non remplacer, les efforts nationaux.

  1. Aligner les partenariats sur les plans pilotés par les pays

Appuyer les plans gouvernementaux de survie et de nutrition des enfants en coordonnant le financement, l’expertise technique et le soutien à la mise en œuvre autour des priorités nationales convenues. Les partenaires doivent s’aligner sur les objectifs du pays, mesurer les progrès par rapport aux résultats partagés et rendre compte de l’impact obtenu.

  1. Atteindre en priorité les enfants les plus vulnérables

Accorder la priorité aux enfants et aux communautés les plus touchés par la pauvreté, les conflits, les déplacements de population, les chocs climatiques et l’inégalité d’accès aux services.

D’un appel à un point d’ancrage durable

Il s’agit d’un point de départ, et non d’une simple cérémonie. Pour garantir la pérennité de cette initiative au-delà d’une journée à New York, nous avons identifié quatre axes d’action continue.

  1. Nous formons une communauté de leaders.

Une coalition volontaire de pays décidés à jouer un rôle moteur en matière de survie des enfants et de nutrition, aux côtés de partenaires alignés sur leurs priorités. Définie par l’action plutôt que par la signature, cette coalition rassemblera les dirigeants pour stimuler un engagement politique de haut niveau, renforcer la responsabilisation mutuelle, partager des solutions pratiques et catalyser l’action visant à accélérer le progrès pour les enfants. Les partenaires contribueront à mobiliser l’assistance technique, le financement et les activités de plaidoyer à l’appui des plans et des priorités dirigés par les pays.

  1. Nous témoignons notre solidarité là où un leadership en faveur des enfants s’exerce.

Là où il y a du leadership pour les enfants, la solidarité doit suivre. Nous appelons les donateurs et les partenaires à s’aligner sur les priorités dirigées par le pays et sur les plans nationaux budgétisés, et à soutenir l’assistance technique nécessaire à leur mise en œuvre.

  1. Nous entretenons la dynamique tout en définissant notre cap.

Cet appel à l’action n’est pas un point final, mais une plateforme pour un leadership continu. Nous utiliserons les possibilités régionales et mondiales pour faire progresser la survie et la nutrition des enfants, renforcer l’appropriation politique et mobiliser les ressources nécessaires pour obtenir des résultats. En réunissant régulièrement des dirigeants et des partenaires pour évaluer les progrès, partager les leçons et promouvoir les solutions, nous veillerons à ce que cette dynamique dépasse les événements ponctuels et suscite un changement durable pour les enfants.

  1. Nous mesurons les progrès accomplis et encourageons la responsabilisation.

Grâce aux mécanismes nationaux, régionaux et mondiaux existants, nous suivrons et partagerons publiquement les progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs en matière de survie et de nutrition des enfants. Une communication transparente, une responsabilisation mutuelle et un examen régulier des résultats contribueront à maintenir l’attention politique, à renforcer la mise en œuvre et à garantir que les engagements se traduisent par des avancées concrètes et mesurables pour les enfants.

Mesurer la réussite

Notre responsabilité n’est pas envers les déclarations, les déclarations ou les institutions, mais envers les enfants dont la vie dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. Notre réussite ne se mesurera pas aux promesses que nous faisons, mais au nombre de vies sauvées, d’avenirs préservés et de pays qui s’engagent à prendre le leadership.

Nos enfants ne peuvent pas attendre. Nous les voyons, nous les entendons, nous ne les laisserons pas tomber.