S’abonner à notre info-lettre

Nutrition International, en collaboration avec le gouvernement du Sénégal, a publié une analyse approfondie du paysage visant à éclairer la transition de la supplémentation en fer et acide folique (FAF) vers la supplémentation en micronutriments multiples (SMM) pour les femmes enceintes au Sénégal. Avec le soutien de la Fondation Eleanor Crook et de la Fondation Waterloo, le rapport évalue à la fois le paysage politique, la prestation de services, l’approvisionnement en produits et les cadres de financement, étant des facteurs essentiels à l’amélioration de la santé maternelle et néonatale.

La supplémentation en SMM est plus efficace et plus rentable que la celle en FAF pour améliorer les résultats à la naissance, t présente des avantages équivalents en matière de prévention de l’anémie maternelle et ne comporte aucun danger pour les mères et les bébés. En 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé que des recherches sur la mise en œuvre soient menées dans les contextes où la transition de la supplémentation en FAF vers la SMM est envisagée dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Guidé par la récente recommandation de l’OMS et les besoins maternels et néonatals du pays, le gouvernement du Sénégal envisage l’introduction de la SMM pour les femmes enceintes dans le cadre des soins prénatals (SPN) complets. Nutrition International soutenue par le financement de la Fondation Eleanor Crook et de la Fondation Waterloo, a travaillé en partenariat avec le gouvernement du Sénégal, pour réaliser une analyse du paysage afin de mieux comprendre les opportunités et les défis liés à l’introduction et à la mise à l’échelle potentielles de la SMM. L’analyse se concentre sur quatre piliers essentiels à la fourniture des services de SPN et de nutrition de qualité : la politique, la prestation de services, l’approvisionnement en produits et le financement. Elle étudie et analyse ces piliers dans le contexte d’une introduction potentielle et d’une intégration SMART (durable, mesurable, réalisable, dotée de ressources et adaptée) de la SMM dans le système public des SPN au Sénégal, afin de remplacer la supplémentation en FAF comme norme de soins.

Au cours des dernières années, les indicateurs de santé maternelle et infantile au Sénégal ont enregistré des progrès mitigés. L’anémie demeure une préoccupation majeure, les taux chez les femmes en âge de procréer ayant légèrement diminué, passant de 59,1 % en 2005 à 54,1 % en 2017, et de 70,6 % à 62,7 % chez les femmes enceintes au cours de la même période. Quant à la réduction de la mortalité maternelle, celle-ci est passée de 401 pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 273 en 2017, démontrant un progrès à ce niveau. Entre-temps, les taux d’insuffisance pondérale à la naissance sont passés de 6,3 % en 2005 à 11,6 % en 2019. Il est encourageant de constater que l’enquête démographique et de santé de 2023 a fait état de certains progrès, révélant qu’environ 60 % des femmes enceintes ont participé à au moins quatre visites de SPN en 2023, contre seulement 40 % en 2005.

Ces indicateurs mettent en évidence les besoins de santé continus des mères et de leurs nouveau-nés au Sénégal et soulignent la nécessité de renforcer l’intégration et la prestation de services de nutrition essentiels dans le cadre des SPN.

Le rapport identifie à la fois les opportunités et les défis liés à l’introduction de la supplémentation en MMS au sein du système de santé sénégalais, et fournit des recommandations pour le groupe de travail sur la SMM au Sénégal sur les prochaines étapes à considérer dans le cadre des quatre piliers suivants :

  • Des recherches sur la SMM devraient être menées au Sénégal pour évaluer des solutions potentielles aux défis identifiés et analyser plus en profondeur obstacles ayant été priorisés. Les résultats de la recherche sur la SMM peuvent fournir des informations essentielles pour guider la transition SMART et la mise à l’échelle de la SMM au Sénégal. 
  • Politiques et protocoles : Un processus clair doit être élaboré et exécuté pour aligner et mettre à jour le contenu des politiques et des protocoles.
  • Prestation de services : La redistribution équitable des prestataires de SPN au Sénégal est essentielle afin de remédier aux disparités dans l’accès aux soins. Cet effort devrait être complété par la réaffectation des ressources, ainsi que par une formation et des outils supplémentaires pour renforcer les services de nutrition maternelle.
  • Chaîne d’approvisionnement : Les ruptures de stock au niveau central et les répercussions en cascade conséquentes ont été identifiées comme l’un des plus grands obstacles à la programmation de la supplémentation en FAF au Sénégal et doivent être résolues. En outre, la SMM devrait être ajoutée à la liste des médicaments essentiels de l’OMS. 
  • Financement : Une ligne budgétaire exclusive est nécessaire pour assurer un approvisionnement durable en SMM au niveau central. De même, la mobilisation des ressources nationales pour la SMM devrait être étudiée. Si la supplémentation en FAF est remplacée par la SMM, une structure similaire de partage des coûts devrait permettre aux femmes enceintes de continuer à ne payer qu’une somme modique.

 

Alors que le gouvernement du Sénégal envisage de mettre à l’échelle la SMM, cette analyse du paysage identifie les domaines de recherche prioritaires pour faire avancer le programme d’apprentissage de la SMM au Sénégal et la feuille de route pour sa mise à l’échelle.

Pour en savoir plus sur les résultats et les recommandations, consultez le rapport complet en anglais et en français.

Vous pouvez également contacter Jennifer Busch-Hallen, directrice du domaine de pratique pour la santé maternelle et néonatale et la nutrition, à  jbuschhallen@nutritionintl.org ou Balla Diedhiou, directeur nationale du Sénégal, à  bdiedhiou@nutritionintl.org.