Malgré ces défis, les décideurs des pays où la malnutrition sévit ignorent souvent le coût de l’inaction face aux objectifs nutritionnels. Ils ont rarement accès aux plus récentes données ou à l’aide nécessaire pour établir un cadre entourant les options politiques en nutrition et pour en évaluer les coûts. Par conséquent, ils n’investissent pas suffisamment — ou n’ont pas les moyens d’investir suffisamment — dans la nutrition, et les investissements qu’ils réalisent se concentrent sur des approches à faible impact, moins efficaces et moins rentables.
Les données montrent également que de nombreux problèmes nutritionnels s’entrecroisent et peuvent toucher les mêmes groupes de personnes. La résolution de ces problèmes nécessite le plus souvent une approche multisectorielle. Toutefois, le cloisonnement des budgets et des programmes par secteur ou par intervention fait en sorte que les gouvernements rencontrent des difficultés à assurer la coordination entre ces secteurs et entre les autorités nationales et locales. La fragmentation des donateurs entrave encore davantage la planification et la cohérence. Les gouvernements ratent donc des occasions d’intégrer la nutrition dans les investissements réalisés dans de nombreux domaines, comme la santé, la protection sociale, l’agriculture et d’autres secteurs pertinents, ce qui limite l’ampleur, l’impact et la durabilité des programmes nutritionnels.