Récits
Développer le leadership des femmes dans les systèmes de santé locaux
09 March, 2026
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Augmenter la valeur de chaque prise
Dans l'est du Sénégal, des innovations pratiques aident les femmes transformatrices de poisson à réduire leurs pertes, à renforcer leurs entreprises et à mieux tirer profit de leurs ressources existantes.
Publié le 09 March 2026
À Tambacounda, une région éloignée et aride du Sénégal, le poisson n’arrive jamais par hasard. Il parcourt des kilomètres avant d’atteindre les étals, transporté sous la chaleur, fragile, périssable. Pour les femmes qui le vendent, chaque jour est un pari : vendre vite, ou perdre. Quand le poisson reste invendu, ce n’est pas seulement un manque à gagner. Ce n’est pas seulement un revenu qui disparaît, c’est un repas en moins, une consultation médicale à négocier ou à manquer, un kit d’hygiène menstruelle pour soi ou sa fille à rayer de la liste d’achat, trois jours de classe que sa fille doit manquer.

Bitty Gueye vit avec cette réalité depuis des années. Elle est membre du Groupement d’Intérêt Economique (GIE) Sopey Naby, un groupement de femmes transformatrices et vendeuses de poissons. Comme beaucoup d’autres, elle a appris le métier sur le tas, avec courage et débrouillardise. Mais malgré son expérience, elle voyait encore trop souvent une partie de ses poissons se détériorer faute de solutions adaptées.
Pour répondre à ces défis, La Direction de la pêche continentale, appuyée par le Projet Intégré de Nutrition et de Genre au Sénégal (PINGS) — mis en œuvre par Nutrition International et ses partenaires — a apporté des solutions concrètes et soulageantes, sous la coordination du Conseil National de Développement de la Nutrition (CNDN), en collaboration étroite avec les services techniques de l’État. « Cela fait longtemps que je vends du poisson. Mais avec PINGS, mes connaissances ont beaucoup évolué et mes rendements sont nettement meilleurs », lâche-t-elle.
À travers des formations pratiques, Bitty et ses collègues du GIE ont appris à transformer et conserver le poisson, notamment grâce aux techniques de fumage et de séchage et au don du four écologique et durable du PINGS. Des gestes maîtrisés, des méthodes améliorées, qui changent tout et qui respectent l’environnement.

« Grâce aux formations que j’ai reçues, je sais maintenant quoi faire avec mes poissons invendus. J’ai acquis le savoir-faire pour les transformer en poissons fumés ou séchés pour ensuite les vendre », nous fait-elle savoir.
Ce qui était autrefois une perte est devenu une opportunité. Le poisson ne se jette plus : il se transforme, se conserve, se valorise. Mais le changement ne s’est pas arrêté là. Pour la première fois, Bitty a aussi été accompagnée sur la mise en valeur de ses produits : présentation, conditionnement, petites touches de marketing adaptées à son marché.
« Avec un peu de marketing, dans des emballages attractifs, je peux élargir mes bénéfices, » nous renseigne-t-elle.
Aujourd’hui, Bitty vend mieux, plus régulièrement, et avec plus de confiance. Elle maîtrise davantage son activité, anticipe les périodes creuses et sécurise ses revenus. Et surtout, elle contribue à rendre le poisson plus disponible, plus longtemps, dans une zone où les aliments riches en nutriments restent difficiles d’accès.
Son histoire est loin d’être unique. Dans plusieurs régions d’intervention du PINGS, grâce à l’accompagnement des directions techniques et la coordination du CNDN, d’autres femmes actives dans l’agriculture, la pisciculture, la transformation et la vente de poisson racontent le même changement : moins de pertes, plus de valeur, plus d’autonomie. Les innovations vulgarisées par les services techniques et sous la coordination du CNDN et l’appui du PINGS ne sont pas complexes, mais elles répondent durablement à des besoins réels.
Derrière chaque poisson fumé ou séché, il y a désormais un savoir, une technique, et une vision nouvelle du métier. Une transformation rendue possible grâce au soutien du Gouvernement du Canada, qui a permis au PINGS et aux services techniques gouvernementaux d’aller au-delà des constats et des théories pour agir concrètement aux côtés des femmes.
À Tambacounda, pour Bitty et bien d’autres, le poisson ne se vend plus seulement dans l’urgence. Il s’inscrit désormais dans une activité plus sûre, plus rentable, et porteuse d’avenir.